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ISSN 1892-5472 - ansvarlig redaktør: ingar holst - epost: mail(æt)ahlefeldt.no - 10. april 2011


La mobilité résidentielle de la classe moyenne à Minhang

Marie Vitoux



Marie Vitoux is associated with the research laboratory PRODIG of the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne and is Research Fellow in Human Logistics, The Ahlefeldt-Holst Center.

De nombreux enjeux résident dans l’étude de la mobilité résidentielle. En effet, sa compréhension permet non seulement la connaissance des représentations qu’ont les individus de l’espace urbain, mais aussi l’étude de la ville et de l’espace habité: la mobilité résidentielle est à la fois un prisme à travers lequel peuvent être conçues et lues les représentations que chaque individu projette sur son environnement urbain et un moyen de mieux connaître les dynamiques du peuplement des villes.

Or, la formidable extension urbaine qu’a connue Shanghai depuis les années 1990 et les réformes liées au logement ont libéré une mobilité résidentielle restée jusque-là largement absente de la ville. Ces mutations, tant géographiques qu’économiques, se voient doublées d’évolutions sociales, marquées notamment par l’émergence de la classe moyenne. C’est ce contexte spécifique à Shanghai qui explique et justifie notre questionnement, trente ans après le début des réformes post-maoïsme.


Contexte

La stratification qui caractérise aujourd’hui la société chinoise est marquée par l’émergence d’un nouveau groupe social, la classe moyenne, groupe aux contours encore flous. Estimée à une centaine de millions de personnes au début des années 2000, la classe moyenne compterait actuellement entre 200 et 400 millions de membres. Forts d’un pouvoir d’achat élevé et soucieux de leurs conditions de logement autant que de leur quartier de résidence, les membres de la classe moyenne sont, à nos yeux, un objet d’étude intéressant afin de mieux comprendre les évolutions actuelles de l’espace urbain de Shanghai.

Shanghai a en effet connu une extension urbaine sans précédent, ce qui a eu pour conséquence la création de périphéries suburbaines et périurbaines. Ces mutations urbaines importantes recèlent leurs caractéristiques propres. Les réformes urbaines engagées dès 1983 ne voient leur matérialisation dans l’espace qu’au début des années 1990. L’industrialisation des bourgs et des cantons ainsi que l’avancée du front d’urbanisation liée à la dynamique de construction dans les périphéries brouillent les frontières classiques entre espaces rural et urbain. S’ajoute à cela la réforme du logement, entamée depuis le début des années 1980 et achevée à l’aube des années 2000, dont la finalité est de passer d’un système d’attribution des logements noyauté par les unités de travail à un parc immobilier privatisé et à un marché immobilier libéralisé. La structure urbaine liée à l’existence des unités de travail est remise en cause, et c’est tout le territoire urbain qui se recompose selon les segmentations du marché foncier. Les choix individuels ont donc pris le pas sur les attributions imposées. Ces deux événements, en agissant conjointement, ont eu pour conséquence de délivrer une mobilité résidentielle, jusque-là restée figée.

La mobilité résidentielle se définit comme l’ensemble des «déplacements des individus ou de groupes d’individus, ayant pour effet de transférer leur résidence d’un lieu à un autre»1 . Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer: les politiques mises en place par les institutions, les évolutions du parc de logements, les caractéristiques sociodémographiques des individus et les raisons économiques. La mobilité résidentielle est le résultat de désirs et de contraintes, entre lesquels les individus effectuent un choix résidentiel2. Ce sont ces choix plus ou moins contraints qui structurent et restructurent sans cesse les territoires urbains.


Problématique

Les spécificités de l’urbanisation chinoise et les caractéristiques liées au régime politique en place laissent à penser qu’il existe des rugosités à un modèle général de mobilité résidentielle. Nous nous interrogeons donc dans ce contexte sur les comportements de mobilité résidentielle des membres de la classe moyenne de Minhang et leurs impacts sur la structure urbaine de la métropole de Shanghai. Notre réflexion s’articule autour d’un triple questionnement. Quels sont les processus de peuplement de Minhang par la classe moyenne et les comportements de mobilité résidentielle de cette dernière ? Quelles sont ses aspirations résidentielles et quelles perspectives peut-on alors élaborer concernant la répartition de la population dans la municipalité? Quelles sont ses pratiques urbaines en relation avec son lieu d’habitation?


Méthodologie

La méthode pour réaliser ce travail est entièrement basée sur la distribution de questionnaires et leur analyse; ce qui n’avait jusque-là jamais été fait. Il s’est agi dans un premier temps de définir ce qu’était la classe moyenne. Face à la difficulté d’utiliser le critère du revenu, nous lui avons préféré celui du logement; les résidences de haut et moyen standing ont été celles que nous avons choisies pour définir la classe moyenne y résidant.


Photographies 1 et 2. Les résidences où vit la classe moyenne à la périphérie de Shanghai (Résidence Dushi Xingcheng à Xinzhuang; résidence Chunshen Jincheng à Meilong)


Le questionnaire a ensuite été élaboré, et diffusé à l’aide des comités de résidents aux habitants des ensembles résidentiels de haut et moyen standing. Au total, 492 questionnaires ont été reçus valables, sur un total de 510 distribués. Un traitement statistique a été appliqué à l’aide du logiciel Sphinx, afin de mener une analyse quantitative de la mobilité résidentielle de la classe moyenne à Minhang. L’absence de qualitatif fait partie des limites assumées de notre travail.

Malgré les limites de notre parti-pris méthodologique, la recherche a permis d’apporter des connaissances nouvelles sur la mobilité résidentielle de la classe moyenne à Minhang.


La classe moyenne de Minhang: présentation d’une population suburbaine

Afin de mieux connaître les membres de la classe moyenne de Minhang, et en vue de mieux comprendre leurs comportements de mobilité résidentielle, il convient dans un premier temps d’étudier leurs caractéristiques essentielles. Le profil sociodémographique de ce groupe social est celui d’une population jeune, active et éduquée. Près des deux-tiers des personnes interrogées ont fait des études supérieures et le taux de chômage est très faible au sein de l’ensemble du groupe. Les actifs de la classe moyenne de Minhang travaillent pour des employeurs divers, le privé faisant part égale avec les employeurs du secteur public, chacun occupant respectivement 43,2% et 42,4% des actifs. On retrouve ici ce qui définit la classe moyenne et qui a permis son essor: à la fois les liens particuliers qu’elle entretient avec les organes du pouvoir et les sources de relations utiles, et son investissement au sein des entreprises étrangères.

La classe moyenne se caractérise aussi par la part très importante des propriétaires, puisque les locataires ne sont que 6,6%. Les conditions de logement de la classe moyenne se sont largement améliorées en comparaison avec les anciens logements où elle vivait avant. Pour autant, les inégalités se sont renouvelées, selon des critères liés aux réformes économiques et aux changements sociaux en cours. Le type d’employeur est ainsi un critère discriminant pour la surface gagnée entre les deux logements et pour les superficies actuelles ; de même que le niveau d’études: les plus diplômés ont les logements les plus spacieux.

Les actifs de la classe moyenne de Minhang travaillent pour plus des trois quart d’entre eux dans un arrondissement suburbain. Parmi eux, plus de 90% travaillent à Minhang, ce qui représente plus de 70% des actifs. Suit ensuite l’arrondissement de Pudong, alors qu’aucun des actifs ne va travailler à Jiading ou Baoshan. Un actif sur cinq travaille dans un arrondissement de la ville-centre, le premier d’entre eux étant Xuhui. Les actifs de la classe moyenne de Minhang mettent en moyenne un peu plus de 34 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail. Bien que la majorité des actifs se rende sur son lieu de travail en transports en commun, que ce soit en bus ou en métro, le deuxième mode de transport le plus utilisé est la voiture. Cela confirme l’importance de cette dernière au sein de la classe moyenne: près d’un quart va travailler en utilisant sa voiture personnelle. Même si le vélo a perdu sa suprématie au profit du vélo électrique, les modes de transports dits «doux», c’est-à-dire non polluants lors de leur utilisation, gardent aussi une place importante : la marche à pied reste le premier moyen de se rendre au travail, juste avant le vélo électrique et la bicyclette traditionnelle. Le mode de transport dépend cependant du sexe et du niveau d’éducation. Les actifs diplômés du supérieur utilisent majoritairement leur voiture, alors que les personnes ayant terminé leurs études au niveau du lycée ou avant vont travailler essentiellement en vélo, vélo électrique ou bus. Dès lors, les navettes effectuées par les plus diplômés sont plus longues: les actifs ayant fait des études supérieures mettent en moyenne 37 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail, contre 27 minutes pour les actifs diplômés du secondaire, et 22 minutes pour ceux dont la scolarité s’est arrêtée en primaire.


La mobilité résidentielle et les stratégies de localisation de la classe moyenne de Minhang

S’agissant tout d’abord des processus de peuplement de Minhang par la classe moyenne, on constate que la très grande majorité des personnes habitaient déjà la municipalité de Shanghai, et que cette mobilité interne est doublée d’une mobilité de proximité (population issue des arrondissements adjacents) ou de très grande proximité (déménagement au sein de Minhang voire du bourg). Le peuplement de Minhang résulte donc tant d’une déconcentration des populations de la ville-centre que d’un dynamisme interne à l’arrondissement.



Carte 1. Origine géographique de la classe moyenne de Minhang


En outre, quelques tendances intéressantes peuvent être dégagées concernant les raisons de la mobilité et la fréquence de celle-ci. Parmi la population qui réside aujourd’hui dans des logements de haut standing, la très grande majorité a changé de logement volontairement. Cependant, une partie des habitants a été mobile de façon contrainte. Si les mutations résidentielles sont très peu nombreuses, puisqu’elles ne concernent que 2,3% des mobilités résidentielles de la classe moyenne, en revanche, la part des personnes expropriées n’est pas négligeable, puisqu’elle représente 19,1% de la mobilité. Dans l’étude sur la mobilité intra-urbaine à Shanghai réalisée par Wu Fulong3 en 2000-2001, la part de la mobilité résidentielle subie était plus importante, avec 34,5% de personnes expropriées. Cela lui faisait dire que les déplacements forcés de population était une des principales forces à l’origine de la périurbanisation dans les villes chinoises. En ce qui concerne la classe moyenne suburbaine de Shanghai, il convient de nuancer ce constat: en effet, 57,4% des personnes expropriées habitaient déjà dans un arrondissement urbain périphérique de Shanghai, et parmi elles seule une personne ne s’est pas faite expropriée à Minhang.

Pour ceux dont la mobilité résidentielle n’a pas été contrainte et forcée, les raisons du déménagement sont essentiellement dues à un désir d’améliorer ses conditions de vie.



Figure 1. Les raisons de la mobilité résidentielle


Les motifs pour lesquels la classe moyenne s’est installée à Minhang recoupent en partie les raisons principales du déménagement. Le cadre de vie est de loin la raison la plus importante dans le choix de Minhang: plus de la moitié des habitants sont restés ou venus habiter dans l’arrondissement pour le cadre de vie offert, confirmant l’importance de la qualité de vie pour la classe moyenne. Les raisons tenant au logement viennent juste derrière, étayant l’hypothèse selon laquelle la mobilité résidentielle est un processus au cours duquel l’individu ajuste son logement à ses besoins. Si l’on regroupe toutes les raisons ayant trait au logement (type, qualité/confort et prix), ce sont plus des deux tiers des habitants qui ont choisi d’habiter à Minhang pour le logement.

En moyenne, les membres de la classe moyenne de Minhang sont restés près de 13 ans dans leur ancien logement, et les fréquences se répartissent comme suit: 27% sont restés moins de 5 ans dans leur ancien logement, 25% entre 5 et 10 ans, 25% entre 10 et 20 ans et 23% plus de 20 ans. Ces séjours sont beaucoup moins longs que ce que révélaient les études sur la mobilité résidentielle dans les grandes villes chinoises menées dans les années 1990: en 1996, les séjours de la population des arrondissements urbains centraux de Canton étaient d’une durée beaucoup plus longue: 43% des personnes vivaient dans leur logement depuis plus de 20 ans4. Cela confirme la tendance à l’accroissement de la mobilité résidentielle liée aux réformes, réformes dont a bénéficié la classe moyenne qui a donc été peut-être plus mobile plus vite.

Il convient aussi d’analyser plus avant le rôle de trois éléments différents, structurel, conjoncturel et personnel, dans les stratégies de localisation des ménages de la classe moyenne, éléments dont il a déjà été montré dans d’autres recherches l’importance dans les stratégies de localisation. Les stratégies liées aux équipements et services sont celles qui sont les plus souvent mises en œuvre. Parmi la classe moyenne, près d’une personne sur trois a choisi de s’installer à Minhang pour les équipements, services et transports offerts. Mais surtout, lors de leur recherche de logement, plus d’un membre de la classe moyenne sur cinq a prospecté à un endroit pour la commodité des transports, ce qui en fait la première raison de prospection d’un endroit donné. Les stratégies de localisation liées aux transports sont mises en place de façon plus évidente encore par les personnes qui n’ont pas de véhicule personnel, les transports en commun leur offrant la seule alternative possible de mobilité. Les écoles et hôpitaux, en fonction de leur qualité et de leur proximité, ainsi que les services commerciaux ont aussi un rôle dans les stratégies de localisation.

Quant aux stratégies liées à un rapprochement domicile-travail, elles semblent elles aussi relativement importantes. Le rapprochement domicile-travail est la raison principale de la mobilité des actifs; il est donc assez logique de constater qu’il fait partie des stratégies de localisation: si la majorité des actifs travaillent aujourd’hui à Minhang, ce n’est pas un hasard s’ils y habitent aussi. Mais cette stratégie n’est pas mise en place par tous de la même façon. Le lieu de travail étant par définition un élément conjoncturel de la vie d’une personne, susceptible de changer en fonction des opportunités d’emplois ou accidents de carrière, les stratégies qui lui sont liées n’ont pas la même importance pour tous. Les locataires sont ainsi plus enclins que les propriétaires à considérer le rapprochement du lieu de travail dans leur choix de localisation résidentielle. Leur mobilité a tout d’abord été due à des raisons professionnelles, bien plus que les propriétaires, et leur installation à Minhang s’est faite avant tout dans l’objectif d’être proche du lieu de travail. L’autre catégorie de population pour laquelle le rapprochement domicile-travail constitue une stratégie de localisation résidentielle est les jeunes sans enfants. Cela ne surprend que peu, puisque ce sont essentiellement eux qui forment le groupe des locataires. Le rapprochement domicile-travail est la première cause de mobilité chez les 20-40 ans, quand elle n’arrive qu’en quatrième position chez les tranches d’âge supérieures. Les stratégies résidentielles de la classe moyenne de Minhang ne s’autonomisent donc pas par rapport au lieu de travail. Mais ces stratégies sont avant tout celles de ceux qui ont le moins d’attaches dans leur ancien quartier : pas de logement en propriété, ni d’attaches liées à la présence d’un enfant (scolarité, loisirs etc), ce qui concerne donc en majorité les jeunes gens.

Les attaches personnelles dans le quartier jouent elles aussi un rôle dans le choix de la localisation du logement: ce sont essentiellement l’ancrage et le passé résidentiels qui influent sur les stratégies mises en place. Le poids de la familiarité des lieux dans le choix de localisation résidentielle est beaucoup plus flagrant pour les plus âgés et chez les plus jeunes couples avec enfant. Ces derniers constituent la moitié des personnes ayant choisi d’habiter à Minhang pour cette raison. Dans une classe moyenne qui paie le prix de son accession à cette strate sociale en consacrant énormément de temps à son travail et où l’on fait carrière essentiellement dans les premières années de sa vie active, les solidarités intergénérationnelles restent indispensables pour pouvoir à la fois fonder une famille et assurer son statut professionnel.


La mobilité résidentielle dans la métropole shanghaienne: une classe moyenne entre désirs et contraintes

Concernant les aspirations résidentielles de la classe moyenne de Minhang et ses conséquences sur la répartition de la population dans la municipalité, notre étude a permis de montrer que la classe moyenne avait dû revoir ses ambitions à la baisse, en passant d’une prospection immobilière dans les arrondissements urbains centraux à une installation effective dans un arrondissement suburbain.



Tableau 1. L’éloignement par rapport aux endroits prospectés


L’aspiration d’une majorité est donc aujourd’hui de pouvoir habiter dans la ville-centre. En revanche, les arrondissements périurbains sont essentiellement vus comme trop éloignés et mal desservi: la classe moyenne a cherché à éviter d’y habiter, et aujourd’hui elle ne les plébiscite pas plus dans le cadre de ses aspirations résidentielles. Les quelques personnes qui veulent y habiter sont mues par le désir d’accéder à un logement individuel sous la forme d’une villa, ainsi qu’à un cadre de vie caractérisé par un plus grand calme et un air moins pollué.


Carte 2. Carte de synthèse: aspirations actuelles et passées



On peut donc s’attendre, dans les années à venir à voir émerger deux tendances. D’une part, on doit s’attendre à un renforcement de l’accès élitiste aux arrondissements urbains centraux: s’ils sont recherchés pour leur standing, ils sont dans le même temps évités pour le prix trop élevé des logements, et une large part de la classe moyenne a déjà dû y renoncer lors de sa dernière mobilité. D’autre part, on tendrait vers une polarisation sociale interne aux arrondissements périurbains: habités d’un côté par ceux qui n’ont pas les moyens d’habiter plus près du centre et pour qui le périurbain est un lieu de relégation, et d’un autre côté par ceux qui viennent y chercher une certaine qualité de vie, en y achetant une villa dans un environnement de moindre densité.


Conclusion

La classe moyenne est donc, on l’a vu, loin d’être un groupe homogène en termes de comportement résidentiel: les situations individuelles influencent les choix et chacun des membres met en place ses propres stratégies. Il reste cependant un trait commun et qui mérite à nouveau d’être souligné du fait de ses conséquences sur l’espace urbain. Leur statut social place les membres de la classe moyenne entre désirs et contraintes: pris entre les personnes d’un niveau socioéconomique plus faible et celles d’un niveau socioéconomique plus élevé, ils ne veulent en aucun cas être assimilés aux premières et aspirent à rejoindre les secondes. C’est ainsi qu’en plus des arbitrages entre différentes caractéristiques prises en compte dans le choix résidentiel: superficie de l’habitation, environnement résidentiel, accès aux équipements urbains, proximité avec le lieu de travail ou les relations sociales, la classe moyenne a dû se contenter d’une localisation résidentielle en périphérie, alors qu’elle avait pour projet de se loger dans la ville-centre. Ce constat est un des aspects qui fondent la différenciation socio-spatiale de la métropole shanghaienne, contexte dans lequel s’est exercée la mobilité résidentielle de la classe moyenne.

La classe moyenne n’est néanmoins pas la seule à modeler les différenciations socio-spatiales et à devoir s’en accommoder. C’est pourquoi, à l’issue de cette première enquête, il nous semblerait utile d’étendre les recherches aux autres catégories sociales, afin de disposer d’une vision d’ensemble des comportements de mobilité résidentielle des Shanghaiens et d’approfondir les connaissances sur la division sociale de l’espace. Ces nouvelles recherches permettraient ainsi d’étoffer les connaissances sur la mobilité résidentielle en Chine urbaine, qui reste aujourd’hui un champ peu investi.




Notes:

  1. Désigne l’attribution arbitraire d’un logement par l’unité de travail.
  2. La distance est calculée depuis la station de métro «Outer-ring» de la ligne 1, située à équidistance des deux stations de métro desservant les résidences enquêtés; le siège du gouvernement des arrondissements sert de point de repère à partir duquel sont calculées les distances à Minhang. Sources: Google Map et Mapabc.



References:

  1. Ségaud, Brun, Driant (dir), 2003, «Mobilité résidentielle», Dictionnaire de l’Habitat et du Logement, Paris, Armand Colin, p298-299.
  2. «Désigne tout ce qui concerne le choix de la localisation, du type architectural, du mode de financement et du statut de son logement.». (Ségaud, Brun, Driant (dir), 2003, «Choix résidentiel», Dictionnaire de l’Habitat et du Logement, Paris, Armand Colin, p69.)
  3. Wu F., 2004, «Intraurban residential relocation in Shanghai: modes and stratification», Environment and Planning A, Vol.36, N°1, pp 7-25.
  4. Li Si-ming, 2005, «Residential mobility and urban change in China. What have we learned so far ?» in Wu Fulong et Laurence Ma, Restructuring the Chinese City: changing society, economy and space, Londres et New York, Routledge Curzon.




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